Michal Kurtyka

Vice-ministre de l’Energie

Tout public
Pays concerné(s)
Pologne

Je pense que c’est un système éducatif relativement unique au monde qui vous sert ensuite pour toute la vie

Michał Kurtyka, Vice-ministre de l’Energie depuis le 1er janvier 2016.

Quelles sont vos activités principales au ministère de l’Energie ?

Dans le cadre de mes fonctions, je suis responsable des questions internationales du ministère polonais de l’Energie, mais aussi des questions d’innovation, de développement technologique ainsi que des problématiques liées au gaz et au pétrole.

Où et dans quel contexte avez-vous étudié en France ?

Je suis diplômé de l’Ecole Polytechnique de Palaiseau (promotion 1994). A l’époque, nous étions une vingtaine d’étrangers à étudier à l’X (Allemands, Japonais, Marocains, Libyens...). Je me souviens que la qualité des cours et des professeurs était extraordinaire ! Mes deux spécialités (l’économie industrielle et la physique) m’ont permis de travailler avec des professeurs qui étaient des pointures dans leur domaine respectif : Jean Tirole, qui est Prix Nobel d’économie depuis 2014, ou Williams Phillips qui a obtenu le prix de Nobel de physiques en 1997 et chez qui j’ai pu faire un stage de trois mois. Je retiens donc l’ouverture internationale de l’école.

Comment êtes-vous retrouvé à l’Ecole polytechnique ? Avez-vous passé le concours international ?

C’est en fait par hasard. Je suis arrivé en France en cours de classe de première et je ne parlais pas français. L’année suivante, j’ai passé le bac en France et pensais rentrer en Pologne pour poursuivre mes études en physiques, mais mes profs m’ont encouragé à présenter ma candidature à des classes préparatoires, j’ai été pris au Lycée Louis le Grand à Paris ou j’ai fait Maths sup-Maths spé et j’ai réalisé l’exigence des classes préparatoires ! J’ai été ensuite admis à l’X après avoir passé le concours d’entrée.

Vous êtes alors revenu en Pologne par la suite ?

Oui, à l’issue de ma formation à l’Ecole Polytechnique, j’ai complété mes études à l’école supérieure de commerce de Varsovie (SGH) puis j’ai commencé à travailler dans l’administration publique polonaise dans le cadre du processus d’adhésion de la Pologne à l’Union européenne et je m’occupais des questions d’infrastructures, des transports et d’énergie. J’ai grimpé les échelons pour terminer chef d’unité travaillant pour le négociateur en chef de la Pologne. J’ai en parallèle effectué des études doctorales à l’Université de Varsovie, même si cela m’a pris du temps ayant une activité professionnelle.

Comment avez-vous appris le français ?

Je me suis retrouvé en France en classe de première dans un lycée avec l’ambition d’apprendre le français. Il n’était pas prévu que je reste très longtemps mais en apprenant cette langue, j’ai appris beaucoup sur la culture de ce pays. Je me souviens que lors de mon premier cours, je n’ai compris que deux mots : « Bonjour » et « Baudelaire » ! Mais ma soif d’apprendre m’a permis de m’en sortir et à la fin de l’année, je me suis présenté au bac de français après seulement 7 mois d’apprentissage et j’ai eu 18/20 à l’oral.

Quel est votre meilleur souvenir d’études en France ?

Je pense que c’est l’amitié de mes collègues qui m’ont toujours considéré comme un égal, de la même famille scientifique si j’ose dire ! Même si je commettais quelques fautes en français et que mon accent pouvait faire rire, j’ai toujours ressenti un sentiment de camaraderie et j’en garde un très bon souvenir.

En quoi votre parcours vous a aidé dans votre vie professionnelle ?

L’Ecole polytechnique est une  école multidisciplinaire, elle formate à l’ouverture. Elle donne à la fois  la possibilité de s’intéresser à des questions de sciences fondamentales très pointues mais également à l’évolution du monde, à l’histoire, à la philosophie… Je pense que c’est un système relativement unique au monde qui vous sert ensuite pour toute la vie.

Pensez-vous que la langue française est un ajout majeur dans le monde d’aujourd’hui ?

Je pense que le français est un atout mais il reste surtout une opportunité pour comprendre la culture de ce pays. La manière de s’exprimer, de réfléchir varie selon les langues et en apprenant le français, on assimile un système de valeurs, de résonnement…

Quels sont vos liens avec la France aujourd’hui ?

Etant responsable des relations internationales au sein du Ministère de l’Energie, je travaille beaucoup avec les pays membres de l’Union européenne ainsi que les représentants de la Commission et donc, en tant que langue officielle de l’Union européenne, le français est un atout pour le travail et me permet de rester en contact avec ce pays.

Quels conseils pourriez-vous donner à un étudiant polonais qui apprend le français ?

Je dirais la même chose que l’on m’a dite lorsque j’étais en France : pour apprendre une langue, il ne faut pas avoir honte de commettre des erreurs. Le plus important est de se donner cette liberté de ne pas être parfait et c’est en commettant des erreurs que l’on peut apprendre. Je crois que c’est une leçon pour la vie aussi…